Linda Lapointe

Votre députée de


Rivière-des-Mille-Îles

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Loi modifiant la Loi sur l’hymne national de Mauril Bélanger


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Tel qu’entendu en Chambre, le 31 mai 2016
«Madame la Présidente, c’est avec fierté que je prends la parole aujourd’hui pour discuter du projet de loi C-210, Loi modifiant la Loi sur l’hymne national , en ce qui a trait au genre. Ce projet de loi propose de remplacer les mots « thy sons » par « of us » dans la version anglaise de l’hymne national, afin d’y éliminer toute distinction de genre.
Avant de poursuivre, j’aimerais d’abord expliquer les motifs me poussant à discuter de cet important projet de loi aujourd’hui. À l’origine, il était inscrit dans le Feuilleton de la Chambre des communes que je devais présenter mon projet de loi privé C-236, relatif aux frais d’acceptation des cartes de crédit aux entreprises canadiennes. Mon projet de loi sera donc présenté en deuxième lecture, le 19 septembre prochain.
C’est un véritable no-brainer pour moi de céder ma place à mon collègue d’Ottawa—Vanier, alors que celui-ci mène un courageux combat contre la terrible maladie de Lou Gherig.
Lors de la première heure de débat du projet de loi C-210, j’ai été très déçue du manque d’empathie de nos collègues de l’opposition officielle qui ont choisi de ne pas laisser tomber le débat et de forcer une deuxième heure de débat pour des raisons politiques évidentes.
Il y a des moments où nous devons laisser tomber la politique et faire preuve d’humanisme, de compassion et d’ouverture.
Qu’on me laisse souligner les réalisations remarquables du parrain du présent projet de loi, l’honorable député d’Ottawa—Vanier, qui a travaillé sans relâche tout au long de sa carrière à promouvoir la justice pour tous. Sa détermination à présenter de nouveau ce projet de loi n’est qu’un exemple parmi plusieurs de son engagement sans faille envers l’équité.
Véritable défenseur des droits de la personne et fervent militant en faveur des langues officielles, il est une source d’inspiration pour chacune et chacun d’entre nous. D’ailleurs, c’est en tant que membre du Comité permanent des langues officielles que j’ai rencontré mon collègue d’Ottawa—Vanier pour la première fois, et que j’ai eu la chance unique de travailler à ses côtés. La condition des langues officielles est également un enjeu qui me tient particulièrement à coeur, étant députée du Québec dans la circonscription de Rivière-des-Mille-Îles.
Mon collègue a fait valoir les raisons justifiant la modification que je soutiens sans réserve. Il est essentiel d’éliminer toute distinction de genre dans notre hymne national. Ceci est un changement nécessaire et attendu, parce que, oui, chers collègues, nous sommes en 2016.
Mère de quatre enfants — deux garçons et deux filles  — je me sens particulièrement interpellée par ce projet de loi. Mes enfants sont véritablement la raison de mon implication politique. J’ai toujours eu cette ambition pour notre pays et ma famille. Je veux que mes filles aient les mêmes possibilités de rayonner que mes garçons.
À mon sens, les paroles anglaises in all thy sons command reflétaient peut-être la société canadienne en 1913, mais celle-ci a considérablement évolué depuis un siècle.
Lorsque les paroles de notre hymne national ont été écrites, les femmes ne pouvaient pas voter pour ou contre un projet de loi. En fait, elles ne pouvaient pas voter du tout. Avant 1929, elles n’étaient pas considérées comme des personnes. Il est essentiel de moderniser les paroles de notre hymne national pour refléter le progrès social accompli par les Canadiens et les Canadiennes. Je répète mes paroles: nous sommes en 2016.
Depuis des décennies, le gouvernement du Canada s’engage à promouvoir l’égalité entre les sexes, ici même au pays comme à l’étranger. De nombreux projets de loi ont vu le jour pour reconnaître la contribution des femmes qui, seules ou en groupe, ont contribué à faire du Canada le pays fort, créatif et inclusif qu’il est aujourd’hui.
Je n’affirme pas que nous avons atteint une parfaite égalité entre les sexes au Canada, mais nous avons très certainement amélioré les choses à cet égard. Notre gouvernement demeure déterminé à bâtir un pays où nos garçons et nos filles seront des participants égaux à tous les aspects de la société.
Qu’on me permette de mentionner certaines mesures prises par le gouvernement du Canada pour reconnaître le rôle crucial joué par les femmes qui ont contribué à bâtir notre Canada d’aujourd’hui.
Dans le budget de 2016, notre gouvernement a annoncé des investissements qui renforceront les capacités de Condition féminine Canada. En effet, un investissement de 23,3 millions de dollars sur cinq ans à partir de 2016-2017 soutiendra les organismes locaux qui oeuvrent dans le domaine de l’égalité des sexes et des questions touchant les femmes. Ces nouveaux fonds soutiendront également la création, au sein de l’organisme, d’une unité spécialisée de recherche et d’évaluation qui sera chargée de présenter des recherches novatrices et fondées sur des données probantes portant sur des questions touchant les femmes.
C’est d’ailleurs avec fierté que notre gouvernement soulignera cette année le centenaire du droit de vote des femmes au Manitoba. Cet événement nous donne une autre occasion de faire connaître les réalisations remarquables des activistes ayant lutté pour l’égalité des femmes et des sexes.
L’engagement du Canada envers la promotion de l’égalité des sexes et les droits des femmes est au coeur de notre politique étrangère et fait notre fierté. La ministre de la Condition féminine a annoncé en mars 2016 à la Commission de la condition de la femme des Nations unies que le Canada tentera d’obtenir un siège à la Commission pour le mandat de 2017-2021. Cela permettrait à notre pays de jouer un rôle encore plus grand dans la création d’un avenir meilleur pour les femmes et les filles au Canada et partout dans le monde.
La modification que propose mon honorable collègue ne changerait que deux mots, mais ce tout petit changement constituerait un geste important pour mettre fin à l’exclusion des femmes de notre hymne national. C’est d’ailleurs pourquoi il est important pour moi de laisser ma place à mon collègue pour qu’il présente son projet de loi qui lui tient tellement à coeur.
Alors que nous nous préparons à souligner le 150e anniversaire de la Confédération, notre appui au projet de loi C-210 nous donnerait l’occasion de garantir qu’un important symbole national continue de refléter nos valeurs et continue d’inspirer fierté et sentiment d’appartenance chez toutes les Canadiennes et chez tous les Canadiens. En 2017, lors des célébrations du 150e anniversaire du Canada, j’espère entendre un hymne national à l’image du Canada d’aujourd’hui.
En terminant, je remercie mon honorable collègue de déposer ce projet de loi. En l’appuyant, nous ferons clairement savoir aux Canadiennes, aux Canadiens et au monde entier que nous défendons et continuons de défendre l’égalité des sexes et que nous reconnaissons l’importance des contributions que les femmes ont apportées et continuent d’apporter à notre pays. De cette façon, nous donnerons un autre exemple de la détermination de notre gouvernement à promouvoir l’égalité des sexes entre toutes les Canadiennes et les Canadiens.
Cher collègue d’Ottawa—Vanier, de la part de mes deux garçons et de mes deux filles, merci.»